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Scatman John, Scatman (1995)

Scatman John, Scatman (1995)

Le destin de John Paul Larkin, alias Scatman John, est à la fois magique et tragique. Handicapé dès son plus jeune âge par un bégaiement chronique, ce dernier découvre très tôt l’art du scat, ce chant jazz composé d’onomatopées hachées qui viennent agrémenter les disques d’Ella Fitzgerald ou de Louis Armstrong. Il ne s’y convertira pourtant que bien après, préférant se consacrer dans un premier temps au piano, à travers lequel il trouve un moyen de s’exprimer clairement.

Après pas mal de déconvenues personnelles et professionnelles, Larkin quitte la Californie en 1990 pour chercher fortune à Berlin, réputée pour sa culture jazz. Il écume avec succès les clubs de la ville, gratifiant le public d’une performance vocale inédite qui reçoit un accueil chaleureux. Son agent l’encourage alors dans cette voie et lui propose même de combiner le chant scat à la techno, une idée farfelue à laquelle le jazzman est d’abord réticent, principalement par « peur que le public ne se rende compte qu’il bégaie ». Sa femme lui conseille alors d’en faire carrément le sujet de son premier morceau, afin de partager son expérience d’inspirer les jeunes auditeurs frappés par ce handicap (« if the Scatman can do it, so can you/Si Scatman peut le faire, tu peux le faire aussi »). Il prend alors le nom de Scatman John et sort fin 94 le single « Scatman (Ski-Ba-Bop-Ba-Dop-Bop) » qui remporte le succès que l’on sait. Il lui aura fallu attendre 52 ans pour devenir une star internationale.

Outre son inévitable bégaiement, le style Scatman John se caractérise par des paroles extrêmement positives, prônant la tolérance et le respect de l’autre à tous les niveaux, notamment racial (le single « Scatman’s World »). Un pendant « conscient » assez rare dans le mouvement dance (même aujourd’hui) et que le jazzman revendiquait pleinement : « j’espère améliorer le quotidien des gamins qui chantent et dansent sur mes chansons et leur faire ressentir que la vie n’est pas si mal, ne serait-ce qu’une minute ».

Disparu assez rapidement de la bande FM hexagonale après deux singles, Scatman John a sorti au total trois albums qui ont cartoné un peu partout dans le monde, notamment au Japon où la « Scatmania » se décline en figurines, sur des cartes de téléphone et même sur des canettes de Coca-Cola. Atteint d’un cancer du poumon dès 1998, il décède le 3 décembre 1999 dans sa maison de Los Angeles, non sans avoir déclaré « j’ai vécu la plus belle vie dont on puisse rêver, j’ai goûté à la beauté ».

Everybody stutters one way or the other
So check out my message to you.
As a matter of fact don’t let nothin’ hold you back.
If the Scatman can do it so can you.
Everybody’s sayin’ that the Scatman stutters
But doesn’t ever stutter when he sings.
But what you don’t know I’m gonna tell you right now
That the stutter and the scat is the same thing.
Yo I’m the Scatman.
Where’s the Scatman ? I’m the Scatman.