Archive pour la catégorie 'Pop'

Jean Leloup, 1990 (1992)

23 March 2009 par Jazz

Jean Leclerc aka Jean Leloup aka John The Wolf aka Massoud al Rachid aka Jean “Dead Wolf” Leclerc aka Pablo Ruiz est un québécois complexe qui naquit le 14 Mai 1961 à Sainte-Foy.

Propulsé sur le devant de la scène canadienne par son interprétation de Ziggy dans Starmania c’est par des premiers titres plus proches du caractère écorché de l’animal que Hans Das Wolf va conquérir la Belle Province.

En 1992 le public français va découvrir le spécimen. Le titre “1990″ se diffuse alors sur les ondes et interpelle par des textes et un clip qui posent bien l’univers particulier de Jean Leloup.
Initialement composée lors du début des hostilités de la première Guerre du Golf, le subversif québécois dénonce sur un flow plutôt groovy.

De toute la prose de cette chanson la dernière strophe a longtemps hanté les cours de collège où des jeunes prébubères essaient encore de mettre des images sur ces paroles :

Heureusement que ma copine
A soudain l’idée de génie
De me toucher le porte-avion
Vite fait je lui sors mon canon
Ça va chauffer oui mon amour
Je pointe mon radar à ions
En plein dans ta sortie de secours
Je vais larguer mes bombes attention

Ta sortie de secours ? me demande-je encore…

La suite de la carrière de Jean Leloup est en dents de scie, le personnage reste une icône au Québec mais aucune de ses nouvelles créations ne franchira les frontières canadiennes.

Il faut cependant mettre à l’actif du chanteur de nombreuses collaborations avec l’excellent collectif Bran Van 3000 à qui l’on doit le remarquable Drinking in L.A.

Reste 1990, un titre aux textes et à l’esthétisme qui auront marqué le début des années 90. Ambiance :

(1990)
Il y a les missiles patriotes
Dirigés par ordinateur
Sony Fuji et Macintosh
Se culbutent dans les airs le rush
La guerre technologique fait rage
C’est un super méga carnage
Attention voilà les avions
Qui tirent
C’est l’heure de l’émission
En 1990
C’est l’heure de la médiatisation
En 1990
C’est l’ère de la conscientisation

“1990″

Le clip de 1990
Le site de Jean Leclerc
Le myspace de Jean Leloup

All Saints, I Know Where It’s At (1997)

27 November 2008 par Jazz

A l’heure où le monde entier se dandine sur des sons très Spicy Girly, débarque sur la scène internationale un groupe pop anglais féminin pas piqué des hannetons : The All Saints.

A l’origine the All Saints est une fête catholique célébrée le 1er novembre au cours de laquelle sont honorés l’ensemble des saints reconnus par l’Église catholique romaine. C’est la Toussaint.

Mais c’est aussi le nom de la rue où loge un petit label londonien ZTT Records qui signe en 1993 trois jeunes filles : Melanie Blatt, Shaznay Lewis et Simone Rainford. Les All Saints sont nées. Jouez hautbois, résonnez musette.

Les All Saints sont nées mais pas tout à fait quand même.
De 1993 à 1995 le groupe rame dans l’anonymat le plus total et ne parvient pas à émerger. On s’engueule entre filles, entre producteurs, personne n’est d’accord, c’est la chienlit. Durant l’été 1995 Simone Rainford claque la porte du groupe et va laisser sa place à 2 sœurs canadiennes qui vont tout changer : Nicole, une pote d’enfance de Melanie, et Nathalie Appleton.

Le quator sort en 1997 un premier single très groovy : I Know Where It’s At et bing ! Carton ! En pleine apogée “boys/girls band” les quatre gonzesses n’ont aucun mal à faire leur trou sur la scène internationale, la crédibilité musicale en plus.
Nicole Appleton en profite pour se sortir le craquant Robbie Williams, qui l’aurait obligé à avorter (source : Ok Podium Juin 97), avant de tomber dans les bras de ce punk de Liam Gallagher avec qui elle s’est mariée au mois de février 2008.

Le groupe se sépare en 2001 après avoir placé 8 titres dans le top 10 européen. La suite vous est racontée par le site allsaints.fr :

Les années suivantes Shaznay et Mel ont débuté des carrières solos, et Nat et Nic ont monté un duo. Elles ont décroché des tubes mais rien n’était plus comme avant. Les filles ne se parlaient plus, une reformation paraissait improbable.
Pourtant, fin 2005, se sentant plus mures et intelligentes les filles ont décidé de partager un repas ensemble.

La soirée s’est formidablement bien passée : “c’était comme si nous ne nous étions jamais quittées, on a fait que rire” dit Nic. “Ne plus se parler était comme une blessure géante” dit Shaznay. Nathalie qui faisait des cauchemars toutes les nuits depuis plusieurs années a arrêté d’en faire.

Eh oui les 4 nanas dans le vent reviennent en 2006 avec l’album “Studio 1″ marqué par le succès du titre “Rock Steady” qui se classe 3eme en Grande Bretagne. Les mamans trentenaires ont réussi leur come back et préparent actuellement un nouvel album pour 2009.

(I know where it’s at)
If you wanna have a good time
(I know where it’s at)
If you know you’ve got something on your mind
(I know where it’s at)
If you know that you wanna get on down
(I know where it’s at)
Don’t deny, don’t be shy – just come around

“I Know Where It’s At”

Le clip de I Know Where It’s At
Le site des All Saints
Le myspace des All Saints

Bryan Adams, (Everything I do) I do it for you (1991)

20 September 2008 par Jazz

Les années 90 c’est aussi la tension des premiers slows dansés en tenant la taille de sa cavalière à bout de bras, c’est les premières rencontres estivales frivoles rythmées par des “Actions ou vérité” torrides.

Et c’est surtout les premiers “roulages de pelle” bande de petits saligauds, le fameux pour lequel vous vous étiez entrainé toute l’année mais tout seul.

Ah ça, ça a emballé sévère durant l’été 1991 sur le “I do it for you” du beau canadien Bryan Adams. Une chanson portée par le succès de “Robin des Bois : Prince des voleurs” qui verra le single rester pendant 8 semaines en tête des meilleures ventes en France.

Du coup “I do it for you” c’était forcément la chanson “love” un peu obligatoire, le passage obligé du quart d’heure américain, la chanson que “quand tu seras partie, je l’écouterai tous les jours à 17h30 et je penserai à toi”.

Quelle cruelle désillusion lorsque l’année suivante vous retrouvez votre promise et lui déclarez : “Tout ce que je fais, Je le fais pour toi” et qu’elle vous répond : “De toute façon je sors qu’avec des mecs de 18 ans qui ont une 205 GTI”.

Look into my eyes – you will see
What you mean to me
Search your heart – search your soul
And when you find me there you’ll search no more
Don’t tell me it’s not worth tryin’ for
You can’t tell me it’s not worth dyin’ for
You know it’s true
Everything I do – I do it for you

“I do it for you”

Le clip de I do it for you
Le site de Bryan Adams

Doop, Doop (1994)

1 May 2008 par Sonic

Attention, on touche avec Doop à un des phénomènes les plus symptomatiques des années 90, à savoir le “one hit wonder” : le morceau qui aura marqué son époque et qui restera définitivement indissociable de celle-ci. Sorti en plein âge d’or de la dance (printemps 1994), Doop (par Doop, donc) a eu son petit succès sur les ondes et dans les charts, où il s’est frayé tant bien que mal une place entre les ballades diabétiques de Mariah Carey (”Without you”) et la proto-dance façon lovers de Take That (”Everything changes” – sérieux, comment Robbie Williams a-t-il pu se relever de ça ?). Autant dire que le techno-charleston des Hollandais dénotait au milieu de tout ce petit monde.

Pensé comme une réclame pour lessive (la légende voudrait d’ailleurs que le morceau ait réellement servi de pub pour une marque de lessive hollandaise), le clip affiche sans complexe une esthétique cheap et fluo, largement inspirée par les années 50 américaines (alors que le charleston daterait plutôt des années 20). Ce côté fun n’est d’ailleurs pas étranger au relatif succès du morceau en France. Relatif car comme toutes les expérimentations musicales s’éloignant un tant soit peu des sentiers battus, Doop aura nettement partagé son public entre ceux qui adorent et ceux qui détestent (on retrouvera quand même le morceau dans Dance Machine 3). Une telle tolérance à la clarinette n’est en effet pas donnée à tout le monde. Quoiqu’il en soit, Doop reste un des grands hymnes de fête de ce début des années 90.

Le duo derrière Doop, Ferry Ridderhof et Peter Garnefski, ne s’est pourtant pas arrêté au charleston et s’essaya dans la foulée à l’harmonica sur le très blues “Huckleberry Jam”, qui ne connut qu’un destin très limité dans les limbes du top 100 britannique. Ce qui ne les empêchera pas de sortir un album entier déclinant la formule, Doop Circus, resté confidentiel. Parallèlement à Doop, les deux hollandais sévissaient sur la scène techno-hardcore sous le nom de Hocus Pocus, où ils décrochèrent en 1995 un numéro 1 avec “Here’s Johnny”, basé sur un sample de la célèbre réplique de Jack Nicholson dans Shining.

Jamais à court de mélodies catchy à remettre au goût du jour, la scène “jumpstyle” (vous savez, la tektonik des pieds qui sévit actuellement dans le Nord de l’Europe) s’est fendue d’un petit remix 2007 par l’entremise d’un certain DJ Looney Tunez.

Doop doop doop doop doop doop doop
Doop doop doop doop doop doop doop…

“Doop”

Le clip de Doop
Le clip de Doop 2007

Edwyn Collins, A Girl Like You (1994)

12 March 2008 par Parker

La carrière de l’écossais Edwyn Collins débute en 1976 lorsqu’il fonde le groupe Nu-Sonics, qui se renomme Orange Juice en 1979. La musique du groupe est un mélange de post-punk sous influence disco-funk, à l’instar de Gang of Four, avec une approche plus pop et romantique. Mais leur seul et unique succès entrera dans les charts anglais en 1985. Ce sera la ballade “Rip It Up“, premier hit à utiliser le célèbre synthétiseur-séquenceur Roland TB-303 pour la basse (ce pour quoi il a été conçu à l’origine), qui deviendra quelques années plus tard, détourné, l’instrument de base du mouvement acid-house.

Après avoir splitté, Edwyn Collins se lance dans une carrière solo. Il sort deux premiers albums en 1989 et 1990 (Hope and Despair, Hellbent on Compromise) avant de revenir en 1994 avec Gorgeous George et le hit que toute la génération Dance Machine connaît : “A Girl Like You”. Enorme succès des deux côtés de l’Atlantique, la chanson atteindra la 4e place des ventes de CD 2 titres en France. Le titre sample “1-2-3″ de Len Barry (1965) et le batteur des Sex Pistols Paul Cook y joue du vibraphone.

En 2005, une dizaine d’années plutôt calmes ont passé, et Edwyn vient de terminer l’enregistrement de son sixième album. En février, il subit une double hémorragie cérébrale. Mais tout est bien qui finit bien, il s’en sort et trouve la force nécessaire pour terminer Home Again qui sort finalement en septembre 2007, salué par la critique.

I’ve never known a girl like you before
Now just like in a song from days of yore
Here you come a knockin’, knockin’ at my door
And I’ve never met a girl like you before

“A Girl Like You”

Les lyrics de “A Girl Like You”
Le clip de “A Girl Like You”
Le MySpace de Edwyn Collins

We Are The 90’s Fresh'n fresh Session #17