Archive pour la catégorie 'Dance'

Haddaway, What is Love (1993)

22 May 2008 par Sonic

Assurément LA chanson emblème des années 90 ! Il n’y a qu’à voir dans quel état de transe elle met le public lors des soirées “We are the 90’s”…

Nestor Alexander Haddaway voit le jour à Tobago le 9 janvier 1965, d’un père biologiste marin et d’une mère infirmière. Il grandira pourtant aux Etats-Unis où, enfant timide et bègue (comme Scatman), il se prendra de passion pour la musique des Beatles, de Police et de Prince. Après avoir pris des cours de chant et de danse, il s’exile à Cologne en 1987 pour lancer sa carrière artistique. Il s’associe avec le claviériste Alex Trime (qu’on retrouvera quelques années plus tard chez DJ Bobo ou Centory) et rencontre en 1992 le duo de producteurs Dee Dee Halligan et Junior Torello. Ce sont ces derniers qui convainquent Haddaway de réorchestrer en version dance ce qui n’était à l’origine qu’une ballade même pas destinée à voir le jour : “What is love?”. Sorti le 18 janvier 1993, le single connaît un succès fulgurant et fera le tour du monde, s’accrochant aux plus hautes places des charts internationaux. Après six mois d’exploitation intense, “What is love?” laissera finalement la place à “Life”, “I miss you” et “Rock my heart”, tous extraits de l’album sobrement intitulé The album (qui contient aussi une reprise d’un classique de Bob Marley, “Stir it up”, sorti exclusivement en single aux Etats-Unis).

Sorti le 23 juin 1995, le deuxième album d’Haddaway, The drive, reçoit un accueil presque équivalent, notamment grâce à la jolie percée du single “Fly away” dans les classements single et club (et ce malgré un clip kitschissime à base de chevaux dans le désert au soleil couchant…). Ensuite, comme beaucoup de ses consorts de l’époque, sa carrière connaîtra un second souffle à la fin des années 90 en Europe de l’Est, où l’eurodance reste un style très prisé. Artiste complet (musicien, chanteur, chorégraphe et même styliste), Haddaway dépasse le seul cadre de la dance et s’essaye en 2005 à un album plus pop, logiquement baptisé Pop splits, après avoir sorti une flopée de remixes de ses plus grands tubes.

Solidement installé dans l’inconscient collectif mondial comme un des morceaux les plus représentatifs des nineties, “What is love?” a longtemps été associé à un sketch légendaire de la célèbre émission comique Saturday Night Live, où les encore peu connus Jim Carrey et Will Ferrell (flanqués d’un Chris Kattan qui ne suivra pas la destinée des deux précités) incarnent trois dragueurs minables qui essayent d’emballer tout ce qui bouge. Le sketch culte, décliné à outrance dans l’émission (avec des guest stars comme Sylvester Stalone, Pamela Anderson ou Jack Nickolson), sera même transposé au grand écran sous le nom de “Une nuit au Roxbury”, toujours avec “What is love?” en thème récurrent. La chorégraphie très caractéristique des acteurs marquera tellement les esprits que Pepsi la reprendra à son compte cette année dans sa traditionnelle (et décevante) pub pour le Superbowl. “What is love?” est évidemment encore de la partie.

Enfin, sentant le vent de la nostalgie tourner à son avantage (le monsieur est titulaire d’une maîtrise en marketing), Haddaway vient de s’associer à une autre figure mythique des années 90, Dr Alban, pour un hymne revival judicieusement intitulé “I love the 90’s”.

Ca tombe bien, nous aussi.

What is love
Baby don’t hurt me
Don’t hurt me, no more
Baby don’t hurt me
Don’t hurt me, no more

“What is Love”

Le clip de “What is love”
Les lyrics de “What is love”
Le MySpace d’Haddaway

Doop, Doop (1994)

1 May 2008 par Sonic

Attention, on touche avec Doop à un des phénomènes les plus symptomatiques des années 90, à savoir le “one hit wonder” : le morceau qui aura marqué son époque et qui restera définitivement indissociable de celle-ci. Sorti en plein âge d’or de la dance (printemps 1994), Doop (par Doop, donc) a eu son petit succès sur les ondes et dans les charts, où il s’est frayé tant bien que mal une place entre les ballades diabétiques de Mariah Carey (”Without you”) et la proto-dance façon lovers de Take That (”Everything changes” – sérieux, comment Robbie Williams a-t-il pu se relever de ça ?). Autant dire que le techno-charleston des Hollandais dénotait au milieu de tout ce petit monde.

Pensé comme une réclame pour lessive (la légende voudrait d’ailleurs que le morceau ait réellement servi de pub pour une marque de lessive hollandaise), le clip affiche sans complexe une esthétique cheap et fluo, largement inspirée par les années 50 américaines (alors que le charleston daterait plutôt des années 20). Ce côté fun n’est d’ailleurs pas étranger au relatif succès du morceau en France. Relatif car comme toutes les expérimentations musicales s’éloignant un tant soit peu des sentiers battus, Doop aura nettement partagé son public entre ceux qui adorent et ceux qui détestent (on retrouvera quand même le morceau dans Dance Machine 3). Une telle tolérance à la clarinette n’est en effet pas donnée à tout le monde. Quoiqu’il en soit, Doop reste un des grands hymnes de fête de ce début des années 90.

Le duo derrière Doop, Ferry Ridderhof et Peter Garnefski, ne s’est pourtant pas arrêté au charleston et s’essaya dans la foulée à l’harmonica sur le très blues “Huckleberry Jam”, qui ne connut qu’un destin très limité dans les limbes du top 100 britannique. Ce qui ne les empêchera pas de sortir un album entier déclinant la formule, Doop Circus, resté confidentiel. Parallèlement à Doop, les deux hollandais sévissaient sur la scène techno-hardcore sous le nom de Hocus Pocus, où ils décrochèrent en 1995 un numéro 1 avec “Here’s Johnny”, basé sur un sample de la célèbre réplique de Jack Nicholson dans Shining.

Jamais à court de mélodies catchy à remettre au goût du jour, la scène “jumpstyle” (vous savez, la tektonik des pieds qui sévit actuellement dans le Nord de l’Europe) s’est fendue d’un petit remix 2007 par l’entremise d’un certain DJ Looney Tunez.

Doop doop doop doop doop doop doop
Doop doop doop doop doop doop doop…

“Doop”

Le clip de Doop
Le clip de Doop 2007

Rozalla, Everybody’s Free (to feel good) (1991)

2 April 2008 par Sonic

Rozalla Miller voit le jour en Zambie le 18 mars 1964, d’une mère zambienne et d’un père anglais. Sa famille déménagera ensuite au Zimbabwe alors qu’elle est encore adolescente. C’est d’ailleurs dans ce pays d’adoption qu’elle fera ses premiers pas dans la musique, devenant une véritable icône et accrochant plusieurs numéros 1 au sommet des charts locaux. En 1986, elle obtient un rôle de figurante (une prostituée) dans le film d’aventure Allan Quatermain et les mines du Roi Salomon, tentative cheap de surfer sur le succès de la saga Indiana Jones (et accessoirement un des premiers rôles “sérieux” d’une certaine Sharon Stone). Réalisant que ses rêves de célébrité internationale ne se réaliseraient pas si elle restait en Afrique, elle quitte le Zimbabwe en 1988 pour Londres, où elle ignore encore ce qui l’attend.

Elle sera rapidement découverte par l’équipe de production Band of Gypsies qui composera pour elle un premier single, “Born to luv ya”, resté confidentiel. La seconde tentative, “Faith (in the power of love)” sera déjà plus probante et fera une première percée dans les charts anglais. Il faudra attendre août 1991 et la sortie de “Everybody’s free (to feel good)” pour voir la chanteuse atteindre la consécration. Le single se placera un peu partout dans les Top 10 européens (numéro 4 en France) et accédera même au Top 40 US, ce qui lui vaudra d’ouvrir pour Michael Jackson sur plusieurs dates américaines. Le single “Faith” sera réédité dans la foulée, suivi d’un nouveau titre, “Are you ready to fly”, qui réalisera également une jolie performance en janvier 1992. En 1993, elle enregistre “I love music” pour la bande originale de “L’impasse” de Brian de Palma.

Comme beaucoup de morceaux de l’époque, “Everybody’s free (to feel good)” a connu plusieurs remixes/mises au goût du jour : en 1996, 2000, 2002 et 2005. La dernière réédition en date faisant suite à son passage dans l’émission anglaise Hit me baby one more time où des “one hit wonders” sont invités à interpréter leur tube emblématique ainsi qu’une reprise plus récente (elle choisira “Fly by” du boys band Blue). Plusieurs reprises sont également à signaler, notamment par le groupe dance allemand Blümchen qui s’appropriera la mélodie en 1999 sur “Ich bin wieder hier” ou en version chorale sur la BO de Romeo + Juliet de Baz Luhrmann.

Enfin, autre tendance lourde de la fin des années 00 : le sampling de tubes 90’s (on se souvient encore avec douleur de Pakito samplant le “Tu tatuta tuta ta” de Pinocchio – lui-même sample d’un tube 80’s de TransX– ou l’emprunt plus subliminal par Yelle du “Short dick man” de 20 Fingers pour son “Je veux te voir”). Quant à “Everybody’s free”, il revit (?) actuellement sous les platines de Bob Sinclar, qui en reprend le refrain sur son “Sound of freedom”.

Officiellement encore en activité, Rozalla a repris en 2006 le “Dancing Queen” d’ABBA.

Brother and sister
Together we’ll make it through
Some day a spirit will
Lift you and take you there
I know you’ve been hurting
But I’ve been there
Waiting to be there for you
And I’ll be there just helping you out
Whenever I can
Everybody’s free to feel good

“Everybody’s Free (To Feel Good)”

Les lyrics de “Everybody’s free”
Le clip de “Everybody’s free”
Le clip de “Ich bin wieder hier” de Blümchen
Le MySpace de Rozalla

Scatman John, Scatman (1995)

27 February 2008 par Sonic

Le destin de John Paul Larkin, alias Scatman John, est à la fois magique et tragique. Handicapé dès son plus jeune âge par un bégaiement chronique, ce dernier découvre très tôt l’art du scat, ce chant jazz composé d’onomatopées hachées qui viennent agrémenter les disques d’Ella Fitzgerald ou de Louis Armstrong. Il ne s’y convertira pourtant que bien après, préférant se consacrer dans un premier temps au piano, à travers lequel il trouve un moyen de s’exprimer clairement.

Après pas mal de déconvenues personnelles et professionnelles, Larkin quitte la Californie en 1990 pour chercher fortune à Berlin, réputée pour sa culture jazz. Il écume avec succès les clubs de la ville, gratifiant le public d’une performance vocale inédite qui reçoit un accueil chaleureux. Son agent l’encourage alors dans cette voie et lui propose même de combiner le chant scat à la techno, une idée farfelue à laquelle le jazzman est d’abord réticent, principalement par “peur que le public ne se rende compte qu’il bégaie”. Sa femme lui conseille alors d’en faire carrément le sujet de son premier morceau, afin de partager son expérience d’inspirer les jeunes auditeurs frappés par ce handicap (“if the Scatman can do it, so can you/Si Scatman peut le faire, tu peux le faire aussi”). Il prend alors le nom de Scatman John et sort fin 94 le single “Scatman (Ski-Ba-Bop-Ba-Dop-Bop)” qui remporte le succès que l’on sait. Il lui aura fallu attendre 52 ans pour devenir une star internationale.

Outre son inévitable bégaiement, le style Scatman John se caractérise par des paroles extrêmement positives, prônant la tolérance et le respect de l’autre à tous les niveaux, notamment racial (le single “Scatman’s World”). Un pendant “conscient” assez rare dans le mouvement dance (même aujourd’hui) et que le jazzman revendiquait pleinement : “j’espère améliorer le quotidien des gamins qui chantent et dansent sur mes chansons et leur faire ressentir que la vie n’est pas si mal, ne serait-ce qu’une minute”.

Disparu assez rapidement de la bande FM hexagonale après deux singles, Scatman John a sorti au total trois albums qui ont cartonné un peu partout dans le monde, notamment au Japon où la “Scatmania” se décline en figurines, sur des cartes de téléphone et même sur des canettes de Coca-Cola. Atteint d’un cancer du poumon dès 1998, il décède le 3 décembre 1999 dans sa maison de Los Angeles, non sans avoir déclaré “j’ai vécu la plus belle vie dont on puisse rêver, j’ai goûté à la beauté”.

Everybody stutters one way or the other
So check out my message to you.
As a matter of fact don’t let nothin’ hold you back.
If the Scatman can do it so can you.
Everybody’s sayin’ that the Scatman stutters
But doesn’t ever stutter when he sings.
But what you don’t know I’m gonna tell you right now
That the stutter and the scat is the same thing.
Yo I’m the Scatman.
Where’s the Scatman ? I’m the Scatman.

“Scatman”

Les lyrics de “Scatman”
Le clip de “Scatman”
Le MySpace de Scatman John

Scooter, Move your ass! (1995)

30 January 2008 par Sonic

H.P. Baxxter, Rick Jordan et Ferris Bueller se font connaître fin 1993 sous le nom de The Loop, l’une des équipes de remixeurs les plus cotées d’outre-Rhin, et dont Scooter n’est alors qu’un projet annexe via lequel ils sortent leurs propres productions. Après un premier single techno passablement générique sorti en 1994 et baptisé “Vallée de larmes” (en Français dans le texte, siouplaît !), le groupe trouve accidentellement son style lors d’un show où Baxxter se met à freestyler sur une instru techno, posant les bases du single fondateur “Hyper, hyper”.

Les interventions mi-rap mi-harangue du MC deviennent dès lors la marque de fabrique des teutons, qui connaîtront leur plus gros succès dans l’Hexagone en 1995 avec “Move your ass!”, extrait de leur premier album And the beat goes on dont la ligne musicale évolue ingénieusement entre dance et techno (des structures pop héritées de leur passé new wave combinée à un rythme flirtant avec le hardcore – 160/190 bpm). Les singles “Friends” et “Endless summer” suivront mais ne réitéreront malheureusement pas les scores de “Move your ass!”.

Le trio originel continuera à sortir confidentiellement des albums en France avant de passer définitivement sous le radar tricolore aux alentours de 1998. Scooter ne s’est pourtant jamais arrêté et a même sorti le 30 novembre 2007 le dernier d’une série de treize albums inégaux. Malgré trois changements de personnel et un style ne reposant désormais que sur le sampling éhonté (Kiss, Depeche Mode, Supertramp, Sheryl Crow…), Scooter a connu quelques fulgurances lors de la dernière décennie (“Suavemente”, “Nessaja”…), même si rien ne vaudra jamais la période 94-97 (les singles “Back in the UK” et “Fire”, notamment). Ayant su évoluer (?) avec son temps, le groupe donne aujourd’hui dans le “jumpstyle“, une danse qui fait fureur chez les pays qui n’ont pas eu la chance d’avoir la tecktonik. Vu l’ampleur du phénomène (14 millions d’albums !), l’émission Tracks d’Arte s’est finalement résolue en 2005 à consacrer à Scooter un reportage d’une mauvaise foi anthologique.

Depuis “Move your ass!” et son immortel “it’s nice to be important, but it’s more important to be nice”, H.P. Baxxter a pris l’habitude de balancer une phrase pseudo-philosophique dans tous les breaks, piochant notamment chez Oscar Wilde ou Antoine de Saint-Exupéry.

Scooooooooooter! Back in the house! Yeah
Get off your shirts and wait for further instructions
Starting the microphone business
I’ve got one message for the next decade:
Move your ass!

“Scooter”

Le clip de “Move your ass!”
Un clip “jumpstyle” de Scooter
(notez le sample de “I like to move it”)
Le site de Scooter
Le myspace de Scooter

We Are The 90’s - T-shirt Getting Jiggy Wit' It