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The Shamen, Phorever People (1992)

The Shamen, Phorever People (1992)

Formé à Aberdeen au milieu des années 80, The Shamen a commené sa carrière sous le nom de Alone Again Or, un groupe indie-rock fortement influencé par les trips psychés de Love ou Syd Barrett. Autrement dit, rien à voir avec l’eurodance de « Phorever People » qui les fera exploser quelques années plus tard sur les dancefloors anglais et européens. Le plus dingue dans cette histoire, c’est que le switch se fera très progressivement, au contact de la scène house qui se développe un peu plus bas, du côté de Manchester et de la fameuse Hacienda (voir le film 24 Hour Party People, c’est tout super bien expliqué : le label Factory, Joy Division, New Order, Happy Mondays, tout çaa, tout ça). D’ailleurs, pour la petite info supplémentaire, sachez que le fondateur de Factory, Tony Wilson, refusera en 1989 de sortir le morceau « Ride on Time » de Black Box sous prétexte qu’il n’avait aucun potentiel commercial. On connaît la suite et Tonio qui a bien dû se les mordre.

Mais revenons à nos Shamen, baptisés ainsi en hommage aux shamans chez qui ils admirent le côté « transe » (one shaman, two shamen, c’est bien connu), eux-mêmes très friands des petites pilules de bonheur chimique qu’on associera rapidement aux premières raves et au mouvement « acid ». En 1987, Colin Angus, tête pensante du groupe, réalise donc la première fusion improbable entre rock et techno. C’est l’album Drop, qui ouvrira la voie à une frange plus radicale de la sène rave, et notamment à un certain Liam Howlett (The Prodigy). En 1989, les Shamen creusent le sillon avec In Gorbatchev We Trust et le mini-album Phorward. En 1990, The Shamen achève sa mutation en groupe techno sur l’album En-Tact mais perd à la fois sa vocaliste dans une engueulade et son bassiste historique, Will Sin, dans l’océan Atlantique (on le retrouvera noyé lors du tournage du clip de leur nouveau single « Move Any Mountain » aux Canaries).

L’année suivante, ils intronisent le MC Mr C. comme membre à part entière pour l’album Boss Drum, appelé à devenir le plus gros carton de The Shamen, notamment grâce à la controverse soulevée par le titre « Ebeneezer Goode », dont le refrain « Ezer Goode » sonne à s’y méprendre comme « E’s are good » (E = ecstasy). Il n’en faudra pas plus pour propulser le single à la quatrième place des charts (comme quoi, il leur en faut vraiment peu, parfois, aux Anglais). Mais le vrai succès viendra fin 92 avec la sortie de « Phorever People », un titre positif et rassembleur qui leur permettra même de traverser la Manche pour conquérir les dancefloors et les charts européens (la France ne sera d’ailleurs pas épargnée). Le troisième single extrait de l’album, « LSI (Love Sex Intelligence) » connaîtra quant à lui une carrière plus confidentielle par chez nous et sera la dernière sortie notable des Shamen sur le territoire. Durant cet âge d’or, le groupe a aussi installé plusieurs singles dans les charts dance d’outre-Atlantique. Après trois autres albums pas franchement bouleversants sortis entre 95 et 98, les membres se séparent pour mieux se consacrer à des projets solos.

Reste la bombe incendiaire « Phorever People » qui n’a toujours pas fini de nous consumer plus de 17 ans après.

We are phorever people
And we don’t have to look to far
To find ourselves
Phorever people can it be?
We are phorever people
And we can see tomorrow
In each other’s eyes
Phorever people can it be?